Le Capitaine J. Émile Roy
Par Émy Trudel, recherchiste et membre de la Société d’histoire de Sainte-Foy.
La mort mystérieuse du capitaine J. Émile Roy
Joseph George Émile Roy est né à Québec le 14 mars 1886. Il vivait dans la ville de Québec, plus précisément à St-Roch. Son frère, Georges Roy, était lieutenant-colonel dans l’armée impériale britannique, son autre frère, Albert Roy (1890-1950), était avocat et son père, Georges-Pierre-James Roy (1852-1931), a été arpenteur provincial, ingénieur et major.
Le 25 septembre 1914, à 28 ans, à la base militaire de Valcartier, au début de la Première Guerre mondiale, il a l’autorisation de se rendre en Europe avec le premier contingent militaire canadien. Il a servi en France et en Belgique. Au champ de bataille, il se blesse deux fois, dont une fois en 1916. La même année, le capitaine a fait la connaissance d’une Londonienne nommée Lucy Reeves et ils se sont mariés.

Crédit photo : Réjean Savard

Source BANQ : Le Soleil. « Décédé », 16 novembre 1918. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3507711?docsearchtext=Le%20Soleil,16%20novembre%201918
Pourquoi J. Émile Roy est-il mort en « devoir spécial » ?
À l’automne 1917, Émile retourne au Canada avec sa compagne. À cause de ses blessures antérieures, l’armée canadienne a jugé qu’il n’était pas en mesure de revenir à ses fonctions. L’ancien membre des forces armées canadiennes a travaillé au ministère des Terres et des Forêts (maintenant appelé ministère des Ressources naturelles et des Forêts) seulement quelques mois par souci de santé. Puisque cet homme est un vétéran et qu’il devait être honoré, l’association des arpenteurs fédéraux lui confia un travail jugé important à l’époque : la classification des lots. Joseph George Émile Roy obtient le poste d’arpenteur fédéral pour le ministère de l’Intérieur. Le ministère de l’Intérieur est un ancien ministère du gouvernement canadien qui avait le rôle de gérer les terres du gouvernement, s’occuper des affaires « indiennes » et de l’exploitation des ressources naturelles. L’ancien combattant était considéré comme « en devoir », puisque le gouvernement lui a offert ce travail parce qu’il n’était plus apte à retourner au combat. Autrement dit, il servait « à sa manière ». Émile Roy est décédé le 9 novembre 1918, à seulement 30 ans. La Commission des sépultures de guerre du Commonwealth (CWGC), une commission s’occupant de 1,7 millions de tombes de membres de leurs forces armées (le Royaume-Uni, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Inde et l’Afrique du Sud) présente dans 2500 cimetières et dans plus de 170 pays. Le cimetière Notre-Dame-de-Foy lui a aussi rendu hommage. Des funérailles militaires ont eu lieu à la chapelle du Bon-Pasteur de Québec.
Où est Spirit River et pourquoi meurt-il là-bas ?
Spirit River est considéré comme une ville depuis 1951. Sa population est d’approximativement 1000 habitants et elle est située à 78 km au nord de la ville albertaine de Grande Prairie. Grande Prairie est à 456 km au nord-ouest d’Edmonton. Spirit River se trouve en plein milieu d’une prairie. Cet endroit est nommé ainsi, puisque la rivière près de là est appelée par les Cris (les premiers habitants de cette ville) la « rivière des esprits » ou la « rivière des fantômes ». Beaucoup de légendes racontées par plusieurs tribus autochtones expliquent le nom de ce cours d’eau. En 1888, la Compagnie de la Baie d’Hudson y installa un ranch pour un poste de traite de fourrures important appelé Dunvegan. À partir de 1903, des missionnaires catholiques et d’autres postes de traite s’y installent. Quatre ans plus tard, l’arpentage de la colonie de Spirit River se fait par l’ancien système de lots fluviaux. Durant l’année 1915, pour un chemin de fer bientôt fonctionnel, une section du territoire à cinq kilomètres plus loin est subdivisée au nord-ouest. Un an après, les résidents et les marchands déménagent dans cette section et Spirit River devient un village. En 1917, l’année où l’ancien capitaine s’est fait attribuer un nouveau travail, le ministère de l’Intérieur l’envoie à titre d’arpenteur dans les environs de ce village de l’Ouest canadien. L’année suivante, en 1918, à l’hôpital de Belloy (Spirit River), J. Émile Roy meurt de la grippe espagnole. Vers la fin du XXe siècle, cette ville devient un endroit où l’industrie pétrolière et l’industrie du gaz naturel se développent. Aujourd’hui, elle vit principalement de l’agriculture.
Archives sources :
Canadian Over-Seas Expeditionary Force. « Attestation paper », s. d. Consulté le 12 janvier 2026.
Canadian War Museum. « Remembrance – Commonwealth War Graves Commission ». Canada and the First World War. Consulté le 12 janvier 2026. https://www.warmuseum.ca/firstworldwar/history/after-the-war/remembrance/commonwealth-war-graves-commission/.
CWGC. « Captain J. Emile Roy – Certificate », s. d. Consulté le 12 janvier 2026.
Généalogie du Québec et de l’Amérique française. « Généalogie Joseph-Emile Roy ». Consulté le 12 janvier 2026. https://www.nosorigines.qc.ca/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Roy_Joseph-Emile&pid=2108307.
La Presse. « Capitaine Emile Roy meurt », 14 novembre 1918. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3197724?docpos=3.
« Nouvelles de Québec », 22 novembre 1918. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3197731?docpos=16.
L’Action Catholique. « Le capitaine Emile Roy meurt à Spirit River dans l’Alberta », 13 novembre 1918. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3514643?docpos=8.
Le Soleil. « Décédé », 16 novembre 1918. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3507711?docsearchtext=Le%20Soleil,16%20novembre%201918.
« Mort d’un vétéran de guerre », 18 novembre 1918. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3507712?docpos=5.
The Canadian Encyclopedia. « Spirit River ». Consulté le 12 janvier 2026. https://thecanadianencyclopedia.ca/en/article/spirit-river.
Town of Spirit River. « History of Spirit River & How It Became the Oldest Town In The Peace Country ». Municipal. Consulté le 12 janvier 2026. https://www.townofspiritriver.ca/about/.